« Dans l’optique d’augmenter nos recettes, nous avons décidé de faire valoir les droits de préemption
de l’Etat pour le rachat de la société pétrolière Assala.
C’est un acte de grande portée nationale qui permettra à la République de marquer sa souveraineté
dans le secteur pétrolier, poumon de notre économie », a souligné le Chef de l’Etat pendant son
discours de vœux pour l’année 2024. Nombreux se demandent comment sera financé un projet d’un tel
calibre.
En 2017, le groupe Carlyle a acquis les actifs de Shell au Gabon, pour 587 millions de dollars.
Ils ont nommé la nouvelle société qu’ils ont créée au Gabon ’’Assala Energy’’. Seulement 6
ans après, en janvier 2023, Carlyle décide de vendre Assala Energy à la société indonésienne
Pertamina. Assala Gabon, filiale du groupe Assala Energy Holdings, est une entreprise du
secteur de l’énergie qui investit dans des actifs pétroliers et gaziers avec une production en
quote-part de 45.000 barils par jour en 2022. Le deuxième producteur de pétrole du Gabon
après Perenco, Assala exporte plus d’un tiers de la production pétrolière totale du pays
notamment grâce à ses 500 employés locaux.
La vente des actifs de Carlyle fait l’objet d’une convoitise. Alors que l’offre de Maurel et
Prom était encore, début octobre 2023, largement approuvée par le nouveau ministre du
pétrole et des mines Marcel ABEKE, cette intrigue est désormais sérieusement concurrencé
par celui d’une préemption des actifs par la Gabon Oil Company. Apres avoir suspendu
l’accord de l’acquisition des actifs d’Assala Energy Gabon détenu par Carlyle au français
Maurel et Prom, l’état gabonais avait déclaré le projet de nationaliser l’une des principales
entreprises d’exploration et de production pétrolière du pays. « C’est un acte de portée
nationale qui permettra à la république de marquer sa souveraineté dans le secteur du
pétrole, poumon de notre économie », affirme le chef de l’état lors de son discours à la nation
le 31 décembre 2023.
En rachetant Assala Energy, l’Etat gabonais est propriétaire de nombreux gisement capable de
rapporter plus de 45.000 barils de pétrole par jour, accomplissant ainsi un exploit bénéfique.
D’après le rapport 2021 de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives au
Gabon, ces gisements avaient permis à la compagnie de revendiquer une production annuelle
de 17,612 millions de barils, soit 24,04% de part de marché, derrière Perenco Oil and gas
Gabon, 29,464 millions de barils, pour 40,22% de parts de marché dans le pays.
Si le cout de la transaction pour le rachat de Assala Gabon par Maurel et Prom avait été
évalué à 730 millions de dollars, l’état gabonais quant à lui devra débourser plus de 450
milliards de FCA pour mettre la main sur Assala. Une opération qui va couter très cher à l’état
gabonais avec de lourdes conséquences financières. Deux possibilités sur les sources de ce
financement se présentent : puiser dans les caisses de l’état ou s’endetter. La période de
transition allant vers son terme, on se demande si les fonds nécessaires pour réaliser cette
opération seront mobilisés à temps. Mais aussi, des experts restent septiques sur la faisabilité
de ce projet de grande envergure compte tenu de la situation des caisses gabonaises

inquiétantes. La compagnie Maurel et Prom avait promis une augmentation de la participation
de l’état gabonaise 27,5% au sein d’Assala Gabon en rachetant la totalité des actifs de la
filiale. Une offre qui était probablement la plus en phase avec la situation actuelle du pays,
mais le chef de l’état l’a manifestement décliné. Pour l’heure une question demeure : Où
trouver les fonds pour cette opération ?

M.C

About Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *